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Par Claire-Lise dans Les arbres le 27 Janvier 2012 à 14:39
Trois arbres tombés
Sont restés au bord du sentier.
Oubliés du bûcheron, ils s'entretiennent,
Fraternellement serrés, comme trois aveugles.
Le soleil couchant verse
Son sang vif dans les troncs éclatés,
Les vents emportent le parfum
De leur flanc ouvert.
L'un, tout tordu, tend un bras immense,
Frissonnant de feuillage, vers l'autre
Et ses blessures sont pareilles
A des yeux pleins de prière.
Le bûcheron les a oubliés.
La nuit viendra. Je resterai avec eux.
Je recueillerai dans mon cœur
Leurs douces résines, elles me tiendront lieu de feu.
Muets, pressés les uns contre les autres,
Que le jour nous trouve monceau de deuil.
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Par Claire-Lise dans L'herbier merveilleux du Japon le 23 Janvier 2012 à 14:16
Un arbre marche sous la pluie,
Passe à côté de nous dans la grisaille ruisselante.
Il a une mission. Il soutire la vie à la pluie
Comme un merle à un verger.
Quand la pluie cesse, l'arbre s'arrête.
Il brille, paisible et droit dans la nuit scintillante
Dans l'attente comme nous de l'instant
Où les flocons de neige viendront éclore dans l'univers.
(Peinture de Paul Cézanne)
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Par Claire-Lise dans Les arbres le 16 Janvier 2012 à 14:44
Je sais des arbres
Striés de leur corps à corps avec les vents
Et certains dont les têtes résonnent
Des contes de la brise
D’autres solitaires et debout
Défiant le sol renégat
Et d’autres qui se rassemblent
Autour d’une maison grise
Je sais des arbres
Qui s’humilient au pied des eaux
Pour l’amour de leur image
Et ceux qui secouent d’arrogantes chevelures
À la face du soleil
Je sais des arbres
Témoins de très anciennes naissances
Et qui redoublent de racines
J’en sais d’autres qui expirent
Pour un frôlement d’aile
Je sais des arbres vains et qui ne sont
Que feuilles
Tous ils ont trop vécu
Sur la terre des hommes.(Peinture de Matisse)
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Par Claire-Lise dans Les arbres le 15 Janvier 2012 à 18:05
À l'austère fenêtre
De l'Armée du Salut
Un figuier tend vers moi ses branches,
Mains qui cherchent ma main.
Je sais la profondeur de ses racines.
Je sais le frisson de sa verte ramure.
Je sais la faveur de son fruit,
La sève piquante et laiteuse qu'il secrète,
La charge dont il est capable,
L’air en feu qui le dessèche.
Et lui aussi me connaît, de la tête aux pieds.
Jour et nuit, ses branches me réclament.
Je ne saurais m'en plaindre,
Moi qui suis en mal d'ami.
Je n'ai d'autre que lui à qui prendre et donner.
Plus qu'un figuier, c'est une créature.
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Par Claire-Lise dans Les arbres le 11 Janvier 2012 à 12:11
Les oreilles du lièvre aussi sont fragiles
Que dire du rouge-gorge qui s'est aventuré dans la pièce où j'écris
Viens lui dis-je d'une voix adoucie en le prenant
Entre mes mains qui tremblent de ce qu'il tremble
Que je te rende l'absolu de ton ciel où tes semblables règnent
Parce que vous êtes purs comme la neige et les prophètes
Et cette feuille qui a navigué si longtemps
En demeurant toujours à la magistrature de sa branche
D'où elle assiste au lent procès du jour
Sèche noyée de pluie parcheminée comme une main
L'hiver ne l'a pas rendue à la terre
Ele est rouge du feu qu'elle ignore
Plissée d'une lointaine rêverie
La branche autour est nue comme la vérité
Quelle est la vérité ? Quelle est son heure ?
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