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Par Claire-Lise dans La lune le 20 Mai 2012 à 15:17
« Comme ils sont tristes les monts du Sud
Où une pluie démoniaque ruisselle sur les herbes désertes.
A Chang’an, en automne, à la moitié de la nuit,
Face au vent, combien d’hommes ont vieilli ?
Incertains sont les sentiers au crépuscule,
Les chênes oscillent sur les bords du chemin.
La lune est au zénith, les arbres sont sans ombre,
Et la montagne entière n’est qu’une lueur blanche,
Des torches de résine accueillent les nouveaux venus
Et dans les sombres cavités dansent les lucioles. »
« Inconnaissable, la lune sur le bateau…
Mais qui manie la rame,
Dans la vallée pleine de nuages ? »
« L’antique temple est proche de la lune ; crapaud et cannelier ont froid,
Les fleurs du poivrier tombent, rouges, entre les nuages humides. »
« Dans ce jardin, ne plantez pas d’arbres !
Si vous en plantez, c’est du chagrin pour quatre saisons.
Elle dort seule, sous la lune à la fenêtre du Sud,
L’automne de cette année ressemble à celui de l’an passé. »
« Deux rangées de lanternes-dragons éclairent la haute tour,
Entre les rideaux de perles elle est couchée, triste et sans sommeil.
Ses habits brodés de phénix d’or sont froids à son corps.
Ses longs sourcils rivalisent avec l’arrondi de la lune. »
« Les nuages noirs ont entouré un chignon sur ma tête,
La lune brillante est devenue pour moi une boucle d’oreille. »
Estampe de Shi Yi
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Par Claire-Lise dans La lune le 17 Mai 2012 à 12:38
C'était, dans la nuit brune,
Sur un clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un "i".
Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
Dans l'ombre,
Ta face et ton profil ?
Es-tu l'œil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?
Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S'allonge
En croissant rétréci ?
Es-tu, je t'en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L'heure aux damnés d'enfer ?
Sur ton front qui voyage,
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité ?
Qui t'avait éborgnée
L'autre nuit ? T'étais-tu
Cognée
Contre un arbre pointu ?
Car tu vins, pâle et morne,
Coller sur mes carreaux
Ta corne,
A travers les barreaux.
Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
L'histoire
T'embellira toujours.
Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.
Et qu'il vente ou qu'il neige,
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m'asseoir ?
Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni
La lune
Comme un point sur un "i".
Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un "i".
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Par Claire-Lise dans La lune le 13 Mai 2012 à 15:53

Le fil de la canne à pêche
Effleure
Le clair de lune.
(Chiyo-ni)
Clair de lune.
Sur une chaise en rotin
J’attends que mes cheveux sèchent.
(Hisajo Sugita)
Léger kimono d’été.
La lune effleure ma peau
Au travers.
(Hisajo Sugita)
Au clair de lune
Je tourne
Une chaise.
(Takako Hashimoto)
Pleine lune d’hiver.
Un bébé ouvre
Les poings.
(Takajo Mitsuhashi)
Allons dehors !
Nous pourrions toucher
La lune printanière si brillante.
(Teijo Nakamura)
Je sors
Pour m’approcher de la lune
A cinquante pas.
(Ayako Hosomi)
Fin des feux d’artifice.
La lune apparaît
Flamboyante.
(Hideno Ishibashi)
Estampe de Hasui Kawase
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Par Claire-Lise dans La lune le 11 Mai 2012 à 17:09
A peine effacé
Le jour se vêt de fatigue
Secousses de feuilles de sable et d’eau
Nous marchons – minuit dans les arbres
La lune est suspendue aux cils
Le fleuve aux larmes
Ta main quitte la mienne
Le chant nous reconduit à la solitude
Et les fauvettes n’en finissent pas
De découper la nuit
Au retour le vent effleure nos visages
Pierres des berges – vent de roseaux
Les alliés de la résurrection.
Peinture de Marc Chagall
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Par Claire-Lise dans La lune le 10 Mai 2012 à 15:55
L’azur du soir s’éteint rayé de bandes vertes.
Comme hors de son lit un fleuve débordé,
La lune se répand, et l’éther inondé
Ruisselle, des coteaux aux plaines découvertes.
Sous le voile muet de ces lueurs désertes,
Nulle voix qui s’élève et nul pas attardé.
Des bruits vivants du jour la terre n’a gardé
Que le vague frisson des feuilles entr’ouvertes.
C’est un cadre incertain de rêves allemands,
Un linceul de clarté bleue et de flots dormants,
Où la nature a froid comme une ensevelie.
Les champs semblent noyés, et, sous le clair rideau
Des chênes, l’œil rencontre avec mélancolie
De blancs rayons tombés comme des flaques d’eau.
Peinture de Johan-Barthold Jongkind
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